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Culte de la Réformation en Eurovision depuis l'Eglise vaudoise de Prali dans le Piémont, en Italie

Diffusé le 03 novembre 2019 sur RTS Un

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«Solus Christus», culte de la Réformation, est proposé en Eurovision par les communautés protestantes de la Val Germanasca, depuis l'Eglise vaudoise de Prali, dans les Vallées vaudoises du Piémont. Le culte sera présidé par les pasteurs des Églises vaudoises de la Vallée.

Avec la participation du choeur Eiminal, dirigé par Pierpaolo Massel et des chorales protestantes de la Val Germanasca. À l’orgue, Malte Dahme.


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : RAI
Production : RAI

Prédication

Une prédication de

« Solus Christus »

Deutéronome 6, 4-9 :
Écoute, Israël : « Le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ta force. Les paroles que je te donne aujourd'hui demeureront sur ton cœur. Tu les répèteras à tes enfants ; tu en parleras quand tu seras assis chez toi ou quand tu seras en route, quand tu te coucheras ou quand tu te lèveras. Tu les attacheras sur ton bras et sur ton front, tu les écriras sur les montants de porte de ta maison et sur les portes de tes villes. »

Introduction

Ces versets du livre du Deutéronome constituent le coeur de la tradition biblique juive. C'est la prière que chaque hébreu croyant récite le matin et le soir, la première apprise dès l'enfance et la dernière prononcée avant de mourir. C'est la promesse que la Parole de Dieu, l'unique Seigneur, sera présente dans la vie des croyants et croyantes et qu’elle deviendra un témoignage pour leurs propres enfants. Cette promesse vaut aussi pour nous, chrétiens, qui croyons dans le même et unique Dieu et confions, en Lui et en sa Parole, notre existence.

Les enfants s’avancent, portant des lettres épelant les mots « SOLUS CHRISTUS »

C’était la réponse de Luther à Catarino :
« Quel est le chemin de la vérité ? N'est-il pas celui qui s'oppose à l'apparence et à l'hypocrisie des œuvres ? En effet, les apôtres n'instituèrent aucune secte religieuse, mais enseignèrent seulement la vie de la foi en Christ, le même pour tous. [...] Seul Christ, en effet, est le puissant Roi de la vérité, ferme adversaire des apparences et du formalisme, comme nous le montre l'évangile. »

Le texte biblique pour la prédication d'aujourd'hui est un verset que l'apôtre Paul a écrit aux chrétiens de Corinthe.

1 Corinthiens 3,10-11 (Segond 21)
Selon la grâce de Dieu qui m'a été accordée, comme un sage architecte, j'ai posé les fondations, et quelqu'un d'autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il construit. Personne, en effet, ne peut poser d'autre fondation que celle qui est en place, à savoir Jésus-Christ.

Méditation 1

Chers frères, chères sœurs, la pensée de l'apôtre Paul est claire, elle ne permet pas d'avoir des doutes. Personne ne peut établir un autre fondement que celui déjà en place : Jésus-Christ.

Les vaudois le savaient bien, lorsqu'ils adhérèrent à la Réforme. Leurs références bibliques principales étaient le sermon sur la montagne et lorsqu'ils lisaient que « Personne ne peut servir deux maitres » (Matthieu 6, 24), ils n'avaient aucun doute : Dieu se connait à travers Jésus-Christ. Sur cette conviction ils ont construit leurs prédications et leurs existences.

Ce ne fut pas difficile, pour eux, de reconnaitre l'essentiel de la Réforme, alors que Luther affirmait la nécessité de connaitre et d'établir exclusivement par la parole de Christ, qui est Dieu, ce qui plait à Dieu, ce que Dieu veut, pense, et accomplit.

Mais aujourd'hui ? Dans cette Europe de moins en moins chrétienne, dans cette société toujours plus sécularisée reconnais-tu, cher frère, chère sœur, quel est le fondement unique de ton existence ? A titre d'exemple pensons aux discussions et aux prises de position sur l'éthique. Dans quelle mesure nos discussions sur la paix, l'accueil, le racisme, l'écologie sont-elles animées par l'urgence de vérifier le fondement en Christ de nos dires et de nos actions?

La question éthique suggérée par le texte pourrait se décliner plus ou moins ainsi : lutter contre la pollution de l'atmosphère dans laquelle nous vivons, par exemple, confesse-t-elle ma foi en Christ, dit-elle quelque chose de central par rapport à ma foi chrétienne ou bien s’agit-il seulement d'une tentative, même si elle est humainement compréhensible, de me mettre en sécurité moi-même et ma famille ?

Si c'est l'Eglise qui parle, et non une quelconque association animée de bonne volonté, elle ne peut placer à la base de ses affirmations, un autre fondement que celui déjà posé : Jésus-Christ et son salut pour toute créature et toute chose créée. Et c'est cela le centre de notre discussion éthique ? Savons-nous annoncer Christ à travers nos prises de position dans une société plus attentive vis-à-vis de l'atmosphère dans laquelle elle vit ?

Dans quelle mesure l'unique fondement, Christ, est-il le Seigneur, le juge des ambitions, des désirs, frustrations, peurs ou des projets et perspectives qui constituent ma vie ?

Chères sœurs et chers frères, l'affirmation de Paul est une invitation pour nous aussi aujourd'hui, non pas à éviter ces questions, mais à nous laisser interpeller par celles-ci, afin d’oser des réponses qui changent la vie de nos églises et notre vie personnelle, et que nous sachions contribuer au changement de la société dans laquelle nous vivons.

Sur la façade du vieux Temple de Prali est écrite la phrase que l'apôtre Paul adresse aux Corinthiens : « Nous prêchons Christ crucifié. » Proclamation difficile à accepter et à comprendre pour l'homme contemporain, mais une affirmation qui encore aujourd'hui souligne l'essentiel, l'unique fondement de notre foi : Le Seigneur Jésus-Christ est mort pour nous sur la croix pour porter secours et vie à l'humanité perdue.

Méditation 2 - Dialogue

L'apôtre Paul, nous pourrions dire l'architecte Paul, semble catégorique quand il dit qu'il ne peut y avoir d'autres fondements pour l'Eglise et pour la vie du croyant que Jésus-Christ. Il semble mettre en garde toutes les générations de croyants qui se sont succédées au cours de l'histoire. De la même façon, il interpelle celle d'aujourd'hui.

Toi Aline, qui est une jeune de notre église et qui a pu rencontrer et te confronter avec beaucoup de filles et de garçons au sein de la Fédération des jeunes évangéliques en Italie, qu'en penses-tu ?

Aline :
J'ai essayé de chercher des synonymes de « transmission » : transférer, contagion (si l'on parle de quelque chose de négatif), mettre sur onde, mais aussi le passage. Nous savons que pour qu'une transmission donne de bons résultats, aussi dans le sport (dans la course de relais, le foot), celui qui reçoit doit être prêt, attentif, et puis ce sera à lui de décider ce qu’il veut faire avec le ballon, ce sera à lui de porter le témoin, jusqu'à la prochaine étape. Dans les diverses étapes, toute l'équipe est en action. C’est comme ça pour la foi en Jésus-Christ : on la partage avec toutes les personnes qui veulent entrer dans le jeu, qu'elles soient du même âge, plus jeunes ou plus vieilles. L'important est de participer !

Pasteur :
La figure de Jésus comme maître, ami, prédicateur c'est-à-dire comme guide à suivre dans le parcours de foi de chacun et chacune a certainement suscité des vocations dans les jeunes générations : de l'engagement politique des années 60-70, au volontariat et l'engagement envers les exclus de ces années et enfin à la récente mobilisation dans les rues contre le modèle économique consumériste et injuste.

Ce qui reste malgré tout un scandale ou une folie est le fait que Jésus soit mort sur une croix et qu'il est ressuscité et que cet évènement a une portée de changement radical dans la vie de chacun et dans l'histoire. Le défi pour moi est justement cela : chercher ensemble avec les jeunes à comprendre ce que veut dire aujourd'hui le « Solus Christus » de la Réforme, quand Luther disait que « la croix est notre théologie ».

Aline :
Non, je ne crois pas qu'ils soient beaucoup (ni chez les jeunes, ni chez les adultes) à savoir énoncer la théologie du « Solus Christus ». Par contre, nous savons que Jésus est mort, par notre faute. Pas directement la nôtre, direz-vous, mais j'ai peur que s'il était né aujourd’hui, il n'aurait pas eu une vie plus facile. Le fait est que nous, les êtres humains nous nous trompons continuellement, et, dans notre vie, nous expérimentons la méchanceté, la peur, la misère. Mais nous savons aussi que Jésus est ressuscité par amour pour nous. Pour nous faire comprendre de la plus merveilleuse des manières que nos erreurs les plus irréparables, en lui nous sont pardonnées, que nos souffrances interminables peuvent être transformées dans son amour. Ce qui est impossible en ce monde devient possible si nous laissons Jésus entrer dans nos vies. Et là, c’est dans le vécu propre des personnes et donc même des jeunes garçons et filles que Jésus crucifié et ressuscité nous rencontre comme une nouveauté qui éclate dans notre vie, et c'est là que nous le découvrons comme notre fondement. Cela tous devraient le savoir.

Nous sommes arrivés à l'ultime point central de la Réforme protestante.

Les enfants reviennent avec des écriteaux épelant les mots « SOLA FIDE ».

Introduction au texte de Luther :
« Malgré l'irréprochabilité de ma vie de moine, je me sentais pécheur devant Dieu. Je n'avais aucune assurance que Dieu était apaisé par mes oeuvres bonnes, c'est pour cela que je n'aimais pas ce Dieu juste et vengeur, au contraire je le haïssais, j'étais hors de moi. Finalement Dieu a eu compassion de moi. Pendant que je méditais jour et nuit sur ces paroles : "Le juste vivra par la foi", j'ai commencé à comprendre que la justice n'était pas une justice pour laquelle Dieu frappe et punit, mais au contraire la justice que Dieu donne et par laquelle le juste vit par la foi. »

Dans les paroles que nous avons écoutées, et qui font partie d'un texte autobiographique, Luther exprime clairement le sens de la délivrance engendrée en lui par la découverte faite pendant qu'il méditait sur la lettre aux Romains : le salut des êtres humains n'est pas conditionné par leur comportement moral, mais seulement par la foi.

En vertu de cette affirmation nous ne pouvons pas penser que celui qui a la foi puisse rester tranquille à observer : NON ! Il doit répondre au geste d'amour et d'accueil qu'il a reçu gratuitement de Dieu. De quelle façon pouvons-nous le découvrir ? En écoutant les paroles de Jésus que nous rapporte le chapitre 5 de Matthieu.

Mathieu 5, 3-10 : les Béatitudes
« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !
Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre !
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés !
Heureux ceux qui sont compatissants, car ils obtiendront compassion !
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car le royaume des cieux est à eux ! »

Méditation 3

Mais quel rapport y-a-t-il entre ce passage des Béatitudes et les considérations que Luther faisait en réfléchissant aux paroles de l'apôtre Paul dans la lettre aux Romains ?

« Le juste vivra par la foi. » Peut-être dans cette simple affirmation comprenons-nous la différence qu'il y a entre une religion fragile et inefficace et une foi qui peut transformer la vie.

La foi est quelque chose de plus que croire. C'est une confiance complète en Dieu accompagnée de l'action. Comme l'écrit l'apôtre Jacques : « Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les oeuvres, elle est morte en elle-même » (Jacques 2, 17). La foi a le pouvoir de changer la personne individuelle, et même le monde. Il est néanmoins clair que les oeuvres ne sont pas utiles pour le salut : elles sont plutôt le fruit heureux de la foi.

Si nous prenons au sérieux les paroles de Jacques, la lecture des Béatitudes prendra pour nous une signification nouvelle, différente de celle des interprétations faites au cours de l'histoire.

Beaucoup ont spéculé sur le terme « bienheureux » en inversant même les paroles de Jésus pour les utiliser à des fins de visions sociales – poussant les pauvres à l'inertie, narcotisant les déshérités de la terre avec des flatteries sur les biens célestes – qui contribueront à garder en place un ordre social injuste.

Mais il y a une façon de lire les Béatitudes qui consiste essentiellement à se faire le prochain de celui qui est sans abri, de celui qui a faim, pour leur dire qu'il y a une bonne nouvelle ! Que si la société les a oubliés, Dieu, lui a écrit leur nom dans le royaume des cieux.

En attendant, Père, nous ne nous croisons pas les bras. Notre devoir est d'ouvrir les portes de nos maisons et de partager notre pain avec eux.

A ceux qui, à cause de leur bonté, se voient systématiquement dépassés par plus fort qu'eux ou plus intelligent, à ceux qui expérimentent l'amertume des pleurs et la solitude des journées sombres, à celui qui est persécuté parce qu'il veut témoigner librement de sa foi, le Seigneur promet justice et consolation.

Mais en attendant, nous nous engageons à ne pas rester insensible aux gémissements cachés de ceux qui sont affligés, et d'avoir le courage de nous positionner pour défendre ceux qui sont persécutés à cause d'une justice qui n'est pas impartiale.

Ce sont des actions que notre église, de façon structurée, porte à travers ses différents projets de diaconie : pensons aux couloirs humanitaires, mais aussi aux initiatives locales d'accueil des pauvres à travers les déjeuners, les distributions alimentaires et vestimentaires. Certes, ce n'est qu’une goutte d’eau dans l'océan... mais en attendant, c'est le témoignage d'une foi qui appelle chaque croyant à être témoin de cet amour que Dieu nous a donné en Jésus-Christ.

Amen.

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