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Culte de Pâques en direct et en Eurovision: Proposé par la paroisse du Coude du Rhône dans le canton du Valais (Suisse), le culte est réalisé depuis le Temple protestant de Saint-François à Lausanne.

Diffusé le 12 avril 2020 sur RTS Un

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Située dans le canton du Valais, et née de la fusion des paroisses de Martigny et de Saxon, la paroisse protestante du Coude du Rhône s’étend sur 22 communes à forte majorité catholique.
 
En ce dimanche de Pâques, elle nous accueille pour célébrer, nombreux et en communion devant nos écrans...
Le Temple protestant de Martigny a été construit en 1932. Entièrement refait entre 2012 et 2014, il abrite aujourd’hui dix-sept vitraux remarquables, dessinés par l’artiste Suisse Hans Erni et offertspar Léonard Gianadda, fondateur de la prestigieuse Fondation du même nom, située non loin de l'église réformée.
Les vitraux de Hans Erni possèdent une unité incontestable, particulièrement bien rendue par la lumière et l’atmosphère qu’ils créent dans la chapelle. En introduction au culte, un film présente la fabrication des premiers vitraux dans les ateliers des maîtres-verriers à Reims.
 
Afin de mieux protéger les intervenants et les collaborateurs de la RTS, le culte est réalisé au Temple de Saint-François à Lausanne, plus propice à la gestion sanitaire.
La célébration débute avec le récit de Marie de Magdala qui se rend au tombeau et découvre que la pierre qui fermait l'entrée a été enlevée et que le tombeau est vide … 
Le culte est présidé par les pasteures  Agnès Thuégaz et Hélène Küng et le pasteur Pierre Boismorand.
Direction musicale: Léonard Muller.


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : Alain Hugi
Production : Pierre-Alain Frey/RTS/Médias-pro

Prédication

Une prédication de Agnès Thuégaz, avec Pierre Boismorand et Hélène Küng

Quand le vide devient une promesse

Agnès Thuégaz

Voilà, nous y sommes. C’est la même histoire chaque année. Le coup du tombeau vide… pour vous, c’est peut-être la cinquantième fois, la dixième fois ou la première fois. Ça fait plus de 2000 ans que ça dure ! Circulez, il n’y a rien à voir !

Le matin de Pâques, la pierre est roulée, le tombeau est vide. Tu parles d’une nouvelle ! Le vide, l’absence, le silence. Rien, sinon des bandelettes posées là et un linge roulé à part.

C’est un peu mince en ce 12 avril 2020 et d’autant plus dans cette situation incroyable de pandémie. Qu’est-ce qu’on va faire de cela dans la réalité de notre quotidien, au cœur de l’incertitude, de l’angoisse et des difficultés, ici et maintenant ? Parce que oui, nous avons d’autres préoccupations : il y a ce virus qui bouleverse nos journées, qui fait planer une menace sur notre santé, notre économie, notre liberté de mouvement, notre désir de nous rencontrer.

Il y a les images insoutenables de la crise migratoire qui se joue aux frontières de l’Europe. Il y a tout ce qui fait notre vie avec son lot de défis à relever, de combats à mener, de réalités à affronter, de douleurs à traverser.

Que faisons-nous là, plantés devant le tombeau vide ? Peut-on espérer un réconfort, un soutien d’une absence ? Aujourd’hui, ce vide peut être vécu comme un scandale, une supercherie – il y a de quoi. Tweeter, annoncer sur Facebook ou Instagram : « Vous savez quoi, le tombeau est vide, il n’y a rien, silence radio. »

Et malgré tout, oui, c’est une pure folie, oui, nous sommes face au mystère de l’inouï ! Ça fait bel et bien plus de 2000 ans que ça dure : le témoignage de Marie de Magdala, de Pierre, de l’autre disciple, de Paul arrive jusqu’à nous, ici, dans ce temple, jusque derrière votre écran ou votre poste de radio dans toute la Suisse, en Italie, en France ou en Belgique.

Là, maintenant que nous y sommes, ensemble, on en fait quoi ? Qu’est-ce qu’il y a à voir ? Qu’est-ce qu’il y a à croire ?

Hélène Küng

C’est vide, il n’y a rien à voir ! Il a disparu. Pour Marie de Magdala, c’est comme si le cauchemar s’aggravait. Elle se souvient :

« Nous l’avons vu agoniser, je n’ai pas rêvé, nous étions plusieurs à regarder de loin, à être là, idiotes, tétanisées. Nous l’avons vu agoniser, nous l’avons vu mourir. C’était insoutenable. On ne pouvait rien faire, et pourtant je me sentais coupable – coupable de cette souffrance qui n’en finissait pas...

Plus tard, ils ont autorisé ses amis à emmener son corps mort, à le parfumer, à le mettre au tombeau. Tout était fini.

Ce matin, je suis revenue au tombeau. Pourquoi ? Pour voir quoi ? Pour essayer de m’habituer à sa mort, à ce cauchemar ? Essayer…

Mais ce matin il n’y a plus rien ! Le tombeau est ouvert, quelqu’un a enlevé le corps, comme si ce mort était volé, nié. Ils nous ont déjà volé sa vie, ils nous ont volé son autorité, son message, sa présence de prophète, sa force de guérison et de parole qui libère, et maintenant ils nous ont volé son corps, volé sa mort.

Un mort qu’on aimait… c’est trop dur… mais un mort qui est volatilisé, disparu, nié ? Ils veulent quoi ? Nous faire croire que tout était notre imagination ? Sa vie, son message, ses miracles, et aussi sa mort ? Je ne sais plus, je ne comprends plus – je dois chercher de l’aide, je vais courir vers les autres, pour leur dire : il était mort et maintenant même sa mort nous a été volée, ils l’ont emporté et je ne sais pas où on l’a mis… »

Pierre Boismorand

Cette femme est venue nous voir : Marie de Magdala. Jésus l’avait délivrée d’esprits mauvais qui la tourmentaient. Renouvelée, aimée, infiniment reconnaissante, elle l’avait suivi, comme nous. Mais elle avait su lui rester fidèle, jusqu’au bout.

Tout à l’heure, elle a été au tombeau. Et ce qu’elle a découvert l’a bouleversée ! Alors elle a couru nous prévenir. Mais elle était si essoufflée et désemparée, qu’on la comprenait à peine ! « Il n’y a rien ! Il n’est plus là ! On l’a enlevé ! On ne sait pas où on l’a mis ! » Est-ce que nous pouvions-nous la croire ?

Jésus aurait-il pu s’absenter de la mort ? Ne pas se laisser ni soumettre, ni emprisonner, ni enfermer. Pourquoi, avec Lui, tout est toujours si... différent ? Tu le cherches ici, et il te donne rendez-vous ailleurs. Tu l’imagines absent, et voilà qu’il te rejoint et qu’il est là, pour toi.

« On ne sait pas où on l’a mis ! »

Et toi, où est-ce que tu l’as mis, ce Jésus, qui a des mots vivants. Qui te parle d’une manière unique d’amour : tu en es capable de réconciliation, de pardon. Ce Jésus, qui suscite le meilleur. Qui fait renaître en toi enthousiasme et passion. Qui t’élève, et t’inspire générosité, partage, espérance.

Où est-ce que tu l’as mis ?

On peut comprendre que tu l’aies rangé tout au fond de ta vie, sous la pile des fatigues, des soucis, des découragements, des regrets. On fait tous ça. Par lassitude, conformisme, habitude. Même si ça ressemble à un refus de vivre.

Moi et l’autre disciple, on a décidé d’aller voir, sans attendre. Se mettre en route, chercher à comprendre, même si on n’a pas les réponses, c’est déjà positif !

Agnès Thuégaz

Nous sommes des êtres humains en marche sur le chemin de la vie. Enfants, jeunes, femmes et hommes, nous avançons et faisons comme nous pouvons, souvent de notre mieux. Reconnaissons-nous nous-mêmes et les uns les autres comme participants de cette même course en humanité, pour tenter de saisir la vraie vie.

J’entends les pas d’un homme, le bruit de son souffle… le témoignage de Paul arrive jusqu’à nous. Il n’était pas là le jour de la pierre roulée et du tombeau vide. Pour lui, le rendez-vous, la rencontre ont eu lieu ailleurs, sur une autre route.

Ça s’est passé différemment. Paul parle de saisissement. Une rencontre qui a bouleversé sa vie, qui a fait s’effondrer ses croyances, tout ce qu’il estimait juste et bon, qui a remis en question ce qui fondait son action.

Paul est saisi : il n’y a rien de tangible, rien à voir, rien à observer. Et pourtant, pour lui, tout a changé. Il vit à partir de cet instant un déplacement intérieur, une mise en mouvement, une quête qui le fait aller de l’avant.

Je ne suis pas Paul et toi non plus. Si nous avions le temps, nous pourrions nous donner la parole, accueillir l’infinie diversité de nos témoignages : je n’étais pas là le matin de Pâques, toi non plus. Et malgré tout, il s’agit d’une rencontre, d’un rendez-vous : c’était peut-être avant même ta naissance ! Ça s’est fait si gentiment que tu ne saurais pas dire quand. C’était un jour précis, tu t’en souviens très bien. C’est le tout début, tu n’es pas encore sûr. Tu attends, ça sera peut-être demain…

Et si, tout simplement, pour nous toutes et tous, c’était encore une fois ou pour la première fois, le bon moment ? Parce que nous sommes en marche sur le chemin d’humanité en quête du Dieu vivant et que nous faisons ensemble, ce matin, un pas.

Hélène Küng

Aujourd’hui, oui, on fait un pas, vers cette histoire lointaine et toute proche : l’histoire de gens paumés, perdus au seuil d’un deuil qui a détruit toutes leurs raisons de vivre. S’ils l’ont racontée, si elle a été transmise à travers les années puis les siècles, c’est parce que quelque chose s’est passé, qui a tout changé, alors même qu’ils et elles ne comprenaient rien à ce qui leur arrivait !

Marie de Magdala ? Son témoignage tient en quelques mots : elle voit, et elle ne sait pas qu’en faire ! Elle voit du vide, elle ose se dire qu’elle ne comprend pas, elle ose se dire qu’elle a besoin de comprendre ! Elle ose bouger, courir, chercher de l’aide.

Et moi, est-ce que j’ai le courage de me le dire, quand je ne comprends pas, quand c’est trop lourd et que tout part en vrille ? Est-ce que j’ai le courage de le dire à quelqu’un d’autre, est-ce que j’arrive à chercher de l’aide ? À m’appuyer sur quelqu’un qui va chercher autrement que moi, qui va voir, et se mettre en route, regarder, observer… ?

Et toi ? Est-ce que du courage te vient, à voir Marie qui ne comprend pas ce qu’elle voit, et qui court vers les autres, simplement pour partager son désarroi ?

Pierre Boismorand

Marie avait couru vers nous, à perdre haleine. Poussée par la peur, par la colère et les questions. Mais aussi par cette lueur d’espérance, qui subsiste, malgré tout, et qui est le signe de la présence de Dieu.

Que s’était-il passé ? Nous n’en savions pas plus qu’elle. Alors, on aurait pu rester installés là, dans notre fatalisme, avec ces raisonnements si bien ficelés qu’ils étouffent tout autre possible. Mais nous voulions nous rendre compte par nous-mêmes. Avec l’autre disciple, on ne s’est pas seulement rendus au tombeau, non ! On a couru nous aussi ! Vite ! Très vite ! Sans même s’attendre.

Courir, tout le monde s’en plaint et en souffre – sauf quand on met le monde sur pause, comme aujourd’hui. Tourbillon d’obligations, de contraintes, de tâches et même de loisirs dans lequel on est pris… Et ça va reprendre ! Fuite en avant, étourdissante, qui brouille notre capacité à prendre du recul et à se poser les vraies questions

Mais là, ce qui nous poussait à accélérer, c’était... le doute ! Oui le doute ! Tout à coup, nous doutions du pouvoir absolu du mal et de la mort. Dans notre course éperdue on se disait : « Et si !? »

Et si l’amour était le plus fort ?
Et si Jésus était capable de défier la logique implacable de la mort ?
Et si tout ce qu’il nous avait dit était vrai ?
Et s’il était vivant ?!

On est arrivés au tombeau, et là, quelque chose s’est ouvert !

Agnès Thuégaz

Ensemble, devant ce tombeau vide, on fait quoi ? Comment est-ce que nous pouvons vivre ce temps de culte avec une force nouvelle, inédite ?

Comment la rencontre avec des témoins des premiers jours comme des témoins d’aujourd’hui peut-elle renouveler notre être intérieur en profondeur et nous donner un élan pour faire face à la réalité de notre vie dans ce monde ?

Il y a en moi, en toi, quelque chose de Marie de Magdala, quelque chose de Pierre, de
Paul. C’est l’histoire d’une vie, une histoire d’amour entre Dieu et nous. Il y a une chose que cette halte au tombeau nous rappelle. Une promesse folle, une espérance pour tous les êtres humains de partout et de tous les temps.

Il y a en toi, en moi, en nous, quelque chose de l’autre disciple, celui qu’on appelle Bienaimé. Celui qui n’a pas de nom, parce que l’invitation, le rendez-vous, c’est qu’aujourd’hui, tu puisses être à sa place. Il a couru si vite ! Pourquoi cette hâte ?

Malgré les événements tragiques des derniers jours, il garde en lui un trésor que rien ni personne ne peut lui ravir. Il se sait aimé. Il n’est plus sûr de rien, sinon d’une chose : Dieu l’aime infiniment et gratuitement, tel qu’il est. Sa tendresse l’a rejoint au plus intime de son cœur.

Il entre, il voit. Il croit.

Ce vide, cette absence devient pour lui une évidence. Jésus est vivant, autrement. Il l’attend ailleurs. La réponse du Père à l’absurde de la violence et de la mort est la victoire de l’amour comme dynamique de Vie.

Ce matin, comme cet autre matin, le Vivant est là. Le ressuscité nous précède. Dans sa patience, il nous attend. Nous ne sommes pas seuls.

Ce vide, cet espace, est la promesse d’une relation d’amour renouvelée, un entre-deux pour la circulation de la vie, un appel d’air qui ouvre un possible, un horizon, un temps qui permet de reprendre son souffle avant de poursuivre la route.

Ce vide est une invitation. Il nous concerne aujourd’hui, il me concerne, il te concerne.

Entends son appel : viens, vois et crois !

Amen

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